Le son des lettres avant le nom, une évidence selon les neurosciences
- langageetlecture
- 28 avr. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 nov. 2025
L’apprentissage de la lecture commence bien avant que l’enfant ne déchiffre ses premiers mots. Dès le plus jeune âge, les bases de la lecture se construisent à travers le langage oral et la conscience des sons.
Aujourd’hui, les recherches en neurosciences le confirment : pour accompagner naturellement l’enfant vers la lecture, il est essentiel de lui faire découvrir les sons des lettres, plutôt que leur nom, dès 2-3 ans.
Cette approche respecte le développement naturel du cerveau et facilite l’accès futur à la lecture.
1. Donner le son des lettres : le cerveau lit par association entre sons et lettres
Les études d’imagerie cérébrale, notamment celles dirigées par Stanislas Dehaene, ont montré que le cerveau humain n’est pas naturellement câblé pour lire : il recycle des circuits préexistants, notamment ceux du langage oral et de la reconnaissance visuelle.
La lecture repose donc sur la création de connexions neuronales entre :
Le système auditif (qui traite les sons),
Le système visuel (qui reconnaît les lettres),
Le système du langage (qui donne du sens aux mots).
Autrement dit, pour lire, le cerveau doit associer une forme visuelle (la lettre) à un son (le phonème). Cette correspondance graphème-phonème est le cœur de l’acte de lire.
Apprendre d’abord le nom des lettres ("bé", "èl", "a") complique inutilement ce processus. En effet, les noms de lettres n'ont souvent aucune correspondance directe avec les sons qu'elles représentent dans les mots. Par exemple, la lettre "M" se nomme « em », mais produit le son /m/. Cette distance crée une confusion cognitive, en particulier chez les jeunes enfants.
Les neurosciences recommandent donc :
Enseigner le son de la lettre avant son nom, dès 2-3 ans, pour que l'association soit immédiate et naturelle.
S’appuyer sur la reconnaissance du son pour construire l'identification des mots.
2. Apprendre les sons tôt : un effet "boost" pour le cerveau du jeune enfant
Entre 2 et 5 ans, le cerveau est en pleine période sensible pour le langage. Cela signifie que les réseaux neuronaux sont exceptionnellement plastiques et prêts à se spécialiser.
À cet âge :
Les enfants peuvent discriminer très finement les sons,
Ils peuvent apprendre intuitivement la structure phonologique de leur langue,
Ils mémorisent plus facilement des associations entre sons et formes visuelles.
En travaillant sur les sons des lettres dès 2-3 ans, on profite donc pleinement de cette fenêtre critique de plasticité neuronale. Cette exposition précoce facilite l'automatisation du décodage plus tard et réduit les risques de difficultés de lecture.
3. Le développement du langage oral : la fondation indispensable
Les neurosciences ont également mis en évidence un fait fondamental : Un langage oral riche est le prédicteur le plus fiable de la réussite en lecture.
Avant de s'ouvrir à l'écrit, il est essentiel pour un enfant de :
Maîtriser le vocabulaire (connaitre beaucoup de mots),
Comprendre la syntaxe (comprendre comment les mots s'assemblent),
Manipuler les sons (identifier, isoler, fusionner les phonèmes).
La lecture n'est pas seulement un processus visuel : elle est profondément enracinée dans la parole et la compréhension orale.
Ainsi, dès le plus jeune âge, il est crucial de :
Parler abondamment avec l’enfant,
Lui lire des histoires, en jouant sur les rimes, les répétitions, les onomatopées,
Chanter et réciter des comptines, riches en jeux de sons,
Favoriser l’écoute active, pour affiner sa capacité à discriminer les sons.
Un enfant qui a développé une solide compétence orale sera bien mieux armé pour comprendre les textes qu’il déchiffrera ensuite.
4. Ce qu’il faut privilégier concrètement dès 2-3 ans
✔ Présenter les lettres par leur son (par exemple, "s" fait /sss/ et non "èsse"), de manière ludique.
✔ Utiliser des jeux de sons : trouver des mots qui commencent ou finissent par le même son, inventer des rimes.
✔ Mettre l’accent sur la manipulation phonologique : séparer un mot en sons, fusionner des sons en mots simples.
✔ Enrichir le vocabulaire oral quotidiennement par des échanges riches et variés.
✔ Favoriser la lecture dialoguée où l’enfant participe (deviner, reformuler, poser des questions).
Voici quelques ressources pour jouer avec les sons :
Conclusion
Les recherches en neurosciences sont claires : apprendre d'abord les sons des lettres et stimuler le langage oral dès 2-3 ans maximise les chances de réussite en lecture. Cette approche respecte le développement naturel du cerveau, simplifie l’apprentissage du décodage et renforce la compréhension.
En offrant aux enfants un environnement riche en sons, en mots et en échanges, nous leur donnons bien plus qu'une capacité à lire : nous leur ouvrons la porte vers toute la connaissance du monde.
Si vous souhaitez accompagner votre enfant mais vous ne savez pas par où commencer, vous avez peur de mal faire,..., bénéficiez d'un accompagnement parental personnalisé selon les besoins et les spécificités de votre enfant !










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